mercredi, 14 mars 2007
Premier BILAN du Forum
La fondation du lys a organisé, le 15 février dernier au Palais-Bourbon, son premier forum sur les institutions, avec pour thème : Après la Cinquième, Sixième république ou monarchie ? Il s’agissait d’abord de réfléchir ensemble au-delà des appartenances politiques. Il s’agissait aussi de réintroduire l’idée monarchique dans le débat et de vérifier sa pertinence.
Le niveau des exposés et des discussions offrit un étonnant contraste avec la grisaille des confrontations politiques en cette période de pré campagne électorale. Dans le « premier bureau » de l’Assemblée nationale, plein à craquer, les échanges montrèrent d’emblée que non seulement l’idée monarchique n’avait rien de suranné mais qu’en outre elle pouvait offrir à la France les perspectives d’un redressement.
Après le message de bienvenue au « Palais-Bourbon » de M. Santini, le philosophe Fabrice Hadjadj a-t-il démontré que le mot « république » avait perdu tout pouvoir de valorisation en face d’une humanité désormais confrontée à l’angoisse de sa propre survie, et que les enjeux planétaires qui conditionnent son avenir ne pouvaient être pris en compte de façon crédible par les institutions politiques existantes. La république s’est autodétruite, par la négation de l’héritage royal et par la perte de vue du bien commun. Pour régénérer une société déboussolée et rendre sa dignité à un homme devenu marchandise, la résistance royale fournit la seule réponse valable : elle promet de renouer avec l’Histoire, de reconstituer le fil social rompu par l’utopie et la technocratie mercantile. Seule la figure royale redécouverte garantit à la fois le respect de la res publica.
Chantal Delsol, philosophe de la politique, a rappelé que la monarchie pouvait être aussi bien totalitaire, que démocratique ou élitiste, et que la seule question véritable était de savoir comment contenir le fait que le pouvoir rendait fou. En d’autres termes, quels étaient les avantages d’une monarchie constitutionnelle par rapport à une république en pleine déliquescence. Pour son équilibre, individuel et collectif, l’homme doit avoir le sentiment d’appartenir à une entité. Or le roi est toujours roi de quelque part. Mieux que quiconque, il ancre le citoyen dans un espace et un temps signifiants. Son image psychanalytique serait celle « du père du père ». Veilleur de mémoire, il garantit une certaine forme d’immortalité à la patrie, dont il incarne la permanence et les valeurs supérieures.
Le politologue chrétien François Huguenin s’est demandé si les principes de la monarchie pouvaient servir à la France d’aujourd’hui. Depuis plus de cent ans, les jeunes français apprennent à l’école la haine de la monarchie et l’assimilation de la république à la révolution. Or le pouvoir républicain s’avère incapable de maîtriser le « zapping identitaire » et l’ »absolutisation » de la communauté auxquels nous assistons. Car l’esprit jacobin nie l’intégration des biens communautaires dans le bien national, lui-même remis en cause, à l’autre bout de l’échelle, par le processus de mondialisation. Seul le roi, arbitre naturel des communautés, pourrait se hisser au dessus des égoïsmes de groupe et bâtir une « monarchie équitable ». Seul un pouvoir royal disposerait de la légitimité nécessaire pour consentir aux abandons de souveraineté qui permettent de préserver le bien commun de l’humanité.
Gérard Leclerc, journaliste et écrivain, a rappelé que c’était la Restauration qui avait introduit en France le système représentatif. Mais que la république concevait désormais la notion de représentation au sens théâtral du terme. Nous vivons dans une sorte de perpétuelle nuit du 4 août dans une monarchie décapitée, ce qu’exprime notamment cette boulimie d’alternance que nous connaissons à chaque élection nationale depuis plus de vingt-cinq ans. Il faut désormais travailler à redéfinir la notion de « souverain. »
Olivier Tournafond, professeur de droit public, a estimé que la révolution, a inversant le sens de la souveraineté, avait condamné la France à la recherche perpétuelle de « l’homme providentiel ». Or on ne peut être élu avec l’appui, au mieux, de la majorité des français, et prétendre tous les représenter. En réalité le gouvernement du peuple n’existe pas : il débouche toujours sur l’anarchie ou s’abdique entre les mains d’une oligarchie, ce qui est le cas présent, avec la recherche forcenée du clientélisme. Il se pourrait qu’un jour, une majorité de Français en ait assez de ce système dévoyé et tourne ses regards vers de plus horizons, ceux que lui montre son Histoire… Affaire à suivre !
10:57 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bilan, forum, apres la 5e, fondation du lys, constitution
lundi, 22 janvier 2007
De la fin de la République
Par Henri Pontilliès
En aurons-nous bientôt fini avec la République ? Si l’on en croit l’évolution de la cinquième du nom, d’ailleurs prophétisée par son fondateur dans Les chênes qu’on abat – dialogue avec André Malraux, la ressemblance avec les précédentes a de quoi frapper : même éclatement de la société française entre groupes de pression et communautés inconciliables, même perte de valeurs, de repères et de sens de l’identité nationale, même cynisme et incompétence de ceux qui prétendent nous gouverner, même absence de convictions et de conscience de l’intérêt général, même affaiblissement économique du pays, même effacement international de France, mêmes querelles politiciennes sans autre enjeu de l’occupation stérile de postes en vue. Arrêtons la liste.
Les Français semblent percevoir de mieux en mieux l’impasse vers laquelle ce régime les pousse et pousse leurs enfants. Un nombre croissant de nos concitoyens comprend que les prochaines échéances électorales, quel qu’en soit le résultat, n’apporteront aucun remède aux maux dont souffre notre État républicain et son cortège d’échecs : ni les inégalités sociales qui ne cessent de s’aggraver, ni le chômage qui, malgré des hauts et des bas statistiques, reste parmi les plus élevés d’Europe, ni le poids extravagant des impôts et des autres prélèvements obligatoires, ni l’ahurissante complexité législative et réglementaire dans laquelle se débattent ceux qui essaient, envers et contre tout, de créer et d’innover, ne risquent de se réduire en 2007 et au cours des années suivantes. Nous le savons tous et il ne faut pas disserter très longtemps avec l’un ou l’autre de nos responsables politiques pour que lui- même l’avoue en privé.
Alors que faire ? Changer d’institutions, bien sûr ! Serait-on tentés de rétorquer comme un automatisme trop bien rodé. Tellement rodé qu’il a servi dix-sept fois depuis 1791, pour le résultat que nous avons sous nos yeux. 88% des Français se disent prêts à changer d’institutions. Mais la seule chose qu’on a pu évoquer jusqu’ici, c’est le mirage d’une VIème république. Mirage car elle ne pourrait rien nous apporter qui n’ait déjà été essayé depuis deux siècles d’errances : ni le régime présidentiel, expérience de la IIème république, ni le gouvernement d’assemblée, illusion de la première, ni le régime parlementaire à l’anglaise, tué avec les révolutions de 1830 et de 1848. Que reste-t-il ? Rien sauf, évidemment, l’opportunité de nous ridiculiser une fois de plus auprès de nos principaux partenaires européens et mondiaux. Tous, du Japon aux États-unis en passant par l’Allemagne et le Royaume-Uni ont, souvent depuis longtemps, su concilier démocratie et efficacité, parfois d’ailleurs – ironie de la situation - en s’inspirant de nos grands publicistes : Montesquieu, Tocqueville, Constant …![]()
Le temps ne serait-il pas venu d’admettre, enfin, que nous nous sommes un jour trompé de chemin et que ce bateau ivre qu’est la république doit être abandonné avant son prochain naufrage. Napoléon eut raison de la première, Napoléon III de la deuxième, Hitler et Pétain de la troisième, les parachutistes d’Alger – sans même avoir eu à se déplacer, de la quatrième. Qui tordra le coup à la cinquième : un émule de Ben Landen, afin de préserver la tradition ? Soyons raisonnables : entrons en nous-mêmes et réconcilions du même coup la France avec son Histoire. Reconnaissons nos erreurs. Travaillons à rétablir, sous une forme adaptée à son temps et dont, par exemples, l’Espagne et les pays scandinaves nous montrent le modèle, une monarchie moderne, dont les racines plongent au plus profond de la dynastie capétienne mais dont les branches se dressent résolument vers la grandeur retrouvée de notre France, puissante et apaisée.
16:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : république, révolutioninstitutions, changer, prlementaire, monarchie, royal
vendredi, 19 janvier 2007
Requiem pour une défunte République ?
Requiem pour une défunte République ?
Par Jean-Baptiste Barthélémy
Rappelé aux affaires en mai 1958, le général de Gaulle s’attache immédiatement à reconstruire un Etat « digne de ce nom » en attaquant de front à la question constitutionnelle. Le parlementarisme absolu, terreau putride sur lequel prospère le régime des partis, a conduit le pays dans l’impasse que l’on sait. Impuissante et impotente, la IV n'en finit pas de rendre l'âme, entraînant dans sa chute la France et les Français. Pour le Général, il faut donc agir vite, et doter la France d'institutions à la hauteur des enjeux, "c'est-à-dire d'un système dans lequel les pouvoirs publics soient des pouvoirs".
Fait essentiel : la question n’est alors pas de savoir si la nouvelle Constitution doit traduire correctement des "grands principes politiques" considérés comme intangibles depuis la Révolution française. Loin du dogmatisme et du juridisme qui caractérise la funeste tradition républicaine, Charles de Gaulle « ne voit dans les institutions que l’agencement circonstanciel des pouvoirs pour répondre de la meilleure manière possible aux défis que l’époque pose à la nation ». Résumant on ne peut mieux cet état d’esprit, Michel Debré expliquera plus tard, dans ses Mémoires, que la tâche qui lui était confiée en 1958 par le Général était (...)
14:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : république, de gaulle, debré, constitution, 1958, rouvillois














